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ARMMA

ARmorial Monumental du Moyen-Âge

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Recherche héraldique

Paris, Hôtel Raguier ?

Ce chapiteau armorié a été trouvé dans la cour d’une maison située en rue des Blancs-Manteaux (au numéro 22), lors des travaux réalisés en aout 1896 pour l’agrandissement du Mont-de-Piété (Sallier 1897, p. 190), et transporté au Musée Carnavalet où il est actuellement conservé (inv. A.P. 197). Probablement à l’origine destiné à surmonter un pilier hexagonal, come le laisse imaginer la forme de sa base inférieure, et à supporter un linteau ou les retombées d’une arcade, il avait été par la suite remployé comme libage (ibid.).

D’un côté et d’autre il est orné par un couple d’anges qui, en vol, tiennent un écusson armorié avec leurs mains. Sur une face nous reconnaissons les armes Raguier (d’argent au sautoir de sable cantonné de quatre perdrix au naturel), brisées par une bordure engrêlée (armoirie 1) ; sur l’autre, ces mêmes armes composent un mi-parti avec une armoirie présentant un chevron accompagné par trois grappes de raisin (armoirie 2). Nous pouvons y reconnaître les armes d’Antoine Raguier (armoirie 1), qui utilisait la brisure de puinée déjà adoptée par son père Hémon, et celles de sa femme, Jacquette Budé (dont la famille portait d’argent, au chevron de gueules, accompagné de trois grappes de raisin d’azur) (armoirie 2), qu’il avait épousée le 5 août 1441. La pièce doit donc dater d’après le mariage du couple et d’avant le début des années 1470, quand Antoine et Jacquette meurent. Le style confirme une datation au milieu du XVe siècle (Willesme 1979, p. 46).

Chapiteau aux armes Raguier-Budé. Paris, Hotel Raguier ? (Paris, Musée Carnavalet ©)

A cause de la présence des anges dont le dessin aurait été inspiré par « un sentiment de pure dévotion » ce chapiteau a été attribué à la décoration d’une église ou d’une chapelle (Sallier 1897, p. 191) et, plus précisément, à la chapelle Notre-Dame dans l’église des Blancs-Manteaux, qu’Hémon Raguier aurait fondée – mais, pour le moment, cette affirmation ne trouve pas de preuves documentaires – et qu’Antoine aurait achevée (Sallier 1896, p. 194 ; Willesme 1979, p. 46, num. 21 ; notice Musée Carnavalet), rapatriant le corps de son père. Nous savons toutefois que les chapelles latérales de cette église n’étaient constituées que d’un autel posé contre le mur nord de l’église, entouré par une simple balustrade (Raunié 1893, p. 31), ce qui rend la présence de ce chapiteau peu probable. Il nous semble en revanche plausible qu’il faisait partie de l’ornementation d’une des maisons que les Raguier possédaient dans le quartier (Sallier 1896, p. 195, d’après un document de 1490) : puisque le chapiteau a été conçu pour être visibles sur tous le côtés et notamment sur les deux faces armoriées, placées à l’opposées, il pourrait avoir appartenu à un porche. Les maisons de riches (Moranville 1890, p. 415-419) familles bourgeoises anoblies – Hémon Raguier l’avait été en 1404 – présentaient d’ailleurs souvent des apparats héraldiques d’un certain ampleur (voir Poitiers, Hôtel Fumé).

Auteur : Matteo Ferrari

Pour citer cet article

Matteo Ferrari, Paris, Hôtel Raguier ?, http://base-armma.edel.univ-poitiers.fr/monument/paris-hotel-raguier/, consulté le 19/11/2018.

 

Bibliographie études

Raunié, Emile, Epitaphier du Vieux Paris, t. 2. Bernardin – Charonne, Paris 1893.

Sallier, Charles, « Le chapiteau d’Antoine Raguier et ses maisons de la rue des Blancs-Manteaux », Bulletin de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France, 23, 1896, p. 190-198.

Willesme Jean-Pierre, Catalogues d’art et d’histoire du Musée Carnavalet, I. Sculptures médiévales (XIIe siècle-début du XVIe siècle), Paris 1979.

Moranville, Henri, « Le songe véritable. Pamphlet politique d’un parisien du XVe siècle », Mémoires de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France, 17, 1890, 217-438.

Photographies du monument

Armoiries répertoriées dans ce monument

Hôtel Raguier ?, Paris. Armoirie Antoine Raguier (armoirie 1)

D’(argent) au sautoir de (sable) cantonné de quatre perdrix (au naturel), à la bordure engrêlée de…

Tenants : deux anges.

  • Attribution : Raguier, Antoine ;
  • Position : Inconnue ;
  • Pièce / Partie de l'édifice : Inconnue ;
  • Emplacement précis : Pilier ;
  • Support armorié : Chapiteau ;
  • Structure actuelle de conservation : Paris, Musée Carnavalet ;
  • Technique : Sculpture en pierre ;
  • Période : 1425-1450 ; 1450-1475 ;
  • Dans le monument : Paris, Hôtel Raguier ?

Hôtel Raguier ?, Paris. Armoirie Jacquette Budé (armoirie 2)

Mi parti : au premier, d’(argent) au sautoir de (sable) cantonné de quatre perdrix (au naturel), à la bordure engrêlée de … (Raguier) ; au deuxième d’(argent), au chevron de (gueules), accompagné de trois grappes de raisin d’(azur) (Budé).

Tenants : deux anges.

  • Attribution : Budé, Jacquette ;
  • Position : Inconnue ;
  • Pièce / Partie de l'édifice : Inconnue ;
  • Emplacement précis : Pilier ;
  • Support armorié : Chapiteau ;
  • Structure actuelle de conservation : Paris, Musée Carnavalet ;
  • Technique : Sculpture en pierre ;
  • Période : 1425-1450 ; 1450-1475 ;
  • Dans le monument : Paris, Hôtel Raguier ?

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